les communiqués et pétitions de F.A.L.
Novembre 2009
DECLARATION
De l'observatoire des Droits de l'Homme « Ivan David Ortiz » et de la Fédération des Etudiants de l'Université Colombienne (FEU)

L'observatoire des Droits de l'Homme « Ivan David Ortiz » et la Fédération des Etudiants de l'Université Colombienne (FEU) portent à la connaissance de l'opinion publique nationale et internationale, les actes de violence qui se sont produits à l'université Nationale de Colombie à Bogotá, le vendredi 16 octobre 2009.

Antécédents

1. Depuis le début du mois d'octobre, on débat au sein même de l'université, sur la préoccupante situation du budget de l'université, et sur l'approbation du nouveau statut du « Bien-être et de la convivialité» (décret qui interdit la liberté d'expression au sein de l'université et supprime toutes les activités et services de détente et bien-être de l'étudiant: médecine universitaire, pratique d'un sport ou d'une activité artistique).
2. Dans la cadre de ce débat, le jeudi 8 octobre une assemblée des trois pouvoirs légitimes de l'université s'est tenue avec: les étudiants, les professeurs et les travailleurs de l'université. Assemblée au cours de laquelle l'université s'est déclarée en assemblée permanente.
3. Le 13 octobre, la communauté universitaire s'est à nouveau réunie et s'est déclarée en grève jusqu'au mercredi 21 octobre. A également été programmé pour le vendredi 16 octobre un forum de discussion sur le financement de l'université, auquel a été formellement invité le recteur de l'université nationale, Monsieur Moises Wasserman, qui a refusé d'y assister.


Les faits

2. Face à l'attitude du recteur, les étudiants indignés ont encerclé sa voiture et ont exigé des réponses claires et lui ont demandé d'assister au débat programmé par l'assemblée.
3. C'est à ce moment-là que la vice-rectrice générale de l'université, Beatriz sanchez, a déclaré à la presse que le recteur avait été séquestré et malmené par des groupes de personnes étrangères à l'université qui se seraient introduites dans l'enceinte de celle-ci.. Cette situation durera 4 heures, durant lesquelles le recteur s'est refusé à dialoguer avec les étudiants et a continué à les accuser.
4. Entre 12h30 et 14 heures, de plus en plus d'étudiants se sont joints aue groupe qui encerclait la voiture du recteur et les doyens de certaines facultés sont arrivés, accompagnés des représentants des étudiants, de journalistes, des professeurs et des représentants de la « Defensoria del Pueblo » (organisme colombien pour la défense des droits de l'Homme) et de la « Secretaria Distrital de Gobierno » (organisme municipal de Bogotá qui s'apparenterait au ministère de l'intérieur).
5. Vers 14 heures, grâce à la médiation de la « Defensoria del Pueblo » les professeurs et les représentants des étudiants sont parvenus à un accord avec le recteur afin que celui-ci se présente à l'auditorium Léon de Greiff (principale auditorium de l'université) pour dialoguer avec les étudiants. Ceux-ci ont accompagné la voiture du recteur jusqu'à l'auditorium pour éviter qu'il ne quitte le campus.
6. Malgré l'accord passé, arrivé devant l'une des entrées de l'université, le recteur est revenu sur sa décision prétextant un manque de conditions de sécurité. Est arrivée à ce moment-là une commission de la « Guardia Indigena » (organisation indigène pour la sécurité des indigènes colombiens), qui s'est s'engagée à s'intégrer au cordon de sécurité du recteur (en plus des gardes du corps du recteur déjà présents).
7. A 16 heures, le recteur donne l'ordre de déloger tous les bâtiments de l'université, mais cette décision n'est pas communiquée à ses occupants (étudiants, professeurs et personnels administratifs).
8. Pendant ce temps, les doyens de quelques facultés organisent une conférence de presse avec les journalistes présents. Le doyen de la faculté de Sciences-Humaines, Fabian Sanabria, à la demande des étudiants, précise que le recteur n'a pas été séquestré et qu'il n'a pas fait l'objet d'agressions physiques de la part des étudiants, comme certains médias l'avaient annoncé.
9. Un nouveau processus de médiation a lieu grâce au « Secrétariat local » de la « Defensoria del Pueblo », des professeurs et des représentants des étudiants. Vers 17H15, on parvient à un accord avec le recteur: ce dernier s'engage alors à assister à l'assemblée du lundi 19 octobre de 7 heures à 11 heures, afin d'informer la communauté universitaire sur le budget de l'université, les étudiants le laissent donc repartir et le campus retrouve une activité normale.
10. A 17H20, après le départ du recteur, le président colombien Alvaro Uribe Velez donne l'ordre à l'armée de pénétrer dans l'enceinte de l'université, 300 soldats, 7 petits tanques de guerre et 50 motos avec deux policiers à leur bords, y entrent de façon violente.
11. Environs 3000 étudiants étaient présents à ce-moment là sur le campus, ils ont été agressés et pourchassés par la police à moto et par les soldats à pied. Des personnes présentes sur le campus, 22 ont été arrêtées, dont une dizaine de mineurs, des personnes qui participaient à un événement catholique, un groupe de jeunes qui participaient à un colloque universitaire et des étudiants qui pratiquaient du sports au sein de l'université, tous ont été emmené au commissariat et transportés au centre de détention où ils sont restés jusqu'au matin suivant. Une jeune fille a été frappée pendant sa détention (dixit le rapport de médecine légale),

NOUS DENONCONS CES FAITS COMME FAISANT PARTIE INTEGRANTE D'UN PROCESSUS DE STIGMATISATION, DE PERSECUTION ET DE CONDAMNATION MENE CONTRE LA COMMUNAUTE UNIVERSITAIRE, CONTRE LE DROIT A PROTESTER ET A MANIFESTER DES ETUDIANTS ET CONTRE LA LIBERTE DE PENSEE ET D'OPINION, EN PARTICULIER LORSQU'IL S'AGIT DE DENONCER CERTAINS ACTES DU GOUVERNEMENT.

NOUS REFUSONS CETTE VIOLENCE ET REPRESSION CONTRE LA COMMUNAUTE UNIVERSITAIRE ET CONTRE L'ENSEMBLE DU MOUVEMENT ETUDIANT DE L UNIVERSITE NATIONALE DE COLOMBIE, AINSI QUE TOUTES FORMES DE PERSECUTION DANS LES UNIVERSITES PUBLIQUES DU PAYS (QUI SONT AU NOMBRE DE 30).

NOUS RENDONS RESPONSABLE LE GOUVERNEMENT DONT LE PRESIDENT ALVARO URIBE VELEZ, LE MINISTRE DE LA DEFENSE, LE MINISTRE DE L'INTERIEUR ET DE LA JUSTICE, LE VICE-PRESIDENT ET LES AUTRES FONCTIONNAIRES D'ETAT, LES FORCES 'ARMEES, LA POLICE, ET EN PARTICULIER L'ESMAD (ESCADRONS MOBILES ANTI-TROUBLES), LES AUTORITES DE L'UNIVERSITE NATIONALE ET EN PARTICULIER LE RECTEUR MOISES WASSERMAN, DES ATTEINTES AUX DROITS DE L'HOMME QUI VIENNENT D'ETRE PERPETREES ET QUI SERONT COMMISES CONTRE LA COMMUNAUTE UNIVERSITAIRE.


NOUS EXIGEONS

DE LA VICE-PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE QU'ELLE S'ENGAGE A GARANTIR LE RESPECT DES DROITS DES ETUDIANTS ET DE L'ENSEMBLE DE LA COMMUNAUTE UNIVERSITAIRE.

A LA JUSTICE QU'ELLE ENQUETE SUR LES FAITS CI-DESSUS EXPOSES ET SURVEILLE LES AGISSEMENTS DES MEMBRES DELA FORCE PUBLIQUE ET APPLIQUE LES SANCTIONS ADEQUATS.

DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES QU'ELLE SE PRONONCE SUR CET ETAT DE FAIT.

DE LA «COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME » DE COLOMBIE QU'ELLE SE PRONONCE SUR CES FAITS EN TENANT COMPTE DES COMPTES RENDUS ET DE SUIVI DE 2006, AINSI QUE CONTRE TOUTES LES ACTIONS CONTINUELLES ET REPETES QUI SE SONT PRODUITES ET SE PRODUISENT CONTRE LES MANIFESTATIONS PUBLIQUES.

DES AUTORITES DE L'UNIVERSITE, QU'ELLES SE PRONONCENT SUR CES AGRESSIONS ET QU'ELLES EXPLIQUENT L'IRRUPTION DE L'ARMEE DANS L'ENCEINTE DE L'UNIVERSITE, ALORS QU'UN ACCORD AVAIT ETE PASSE AVEC LE RECTEUR QUI ETAIT REVENU SUR SES DECLARATIONS ET SUR CELLES DE LA VICE RECTRICE, BEATRIZ SANCHEZ, INJURIEUSES POUR LES ETUDIANTS;


NOUS DEMANDONS

AUX ORGANISATIONS SOCIALES ET DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME ET A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DE SE SOLIDARISER AVEC LES ETUDIANTS ET LES PERSONNELS UNIVERSITAIRES ET DE SE PRONONCER SUR CETTE AGRESSION ET SUR LA CRIMINALISATION DES REVENDICATIONS ET MANIFESTATIONS SOCIALES PUBLIQUES, SEULS MOYENS D'EXERCER LEUR DROIT A LA LIBERTE D'EXPRESSION ET D'OPINION.

Observatoire des Droits de l'Homme. Ivan David Ortiz- Federation des Etudiants de Colombie-17 Octobre 2009.

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